Interrogé ce mardi 2 juin 2026 par France 24 sur ses rapports avec l’ancien président Ali Bongo Ondimba, le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a réaffirmé avec sérénité n’avoir aucun différend personnel avec son prédécesseur.
Pour preuve, il l’a d’ailleurs convié à la cérémonie d’inauguration de la Cité de la Démocratie. Ce geste d’apaisement républicain s’ajoute à de nombreuses autres attentions qui démontrent, s’il en était encore besoin, la hauteur d’esprit et la magnanimité de l’homme du 30 août 2023.
Pour s’en convaincre, il convient de se référer à la réforme constitutionnelle de décembre 2020. Ce texte, adopté sous la présidence d’Ali Bongo Ondimba, consacrait en son article 78 l’impossibilité absolue de poursuivre un ancien Chef d’État pour les actes posés durant l’exercice de ses fonctions. Il s’agit d’une immunité institutionnelle spécifique, dont ne sauraient constitutionnellement jouir ses anciens collaborateurs ou les membres de sa famille.
Dès lors, la question du journaliste était limpide : elle portait exclusivement sur les relations directes entre Ali Bongo et le Président Oligui Nguema. Tenter d’élargir la réponse au sort de Sylvia Bongo et de son fils relève d’une pure digression. À moins, bien sûr, de commettre l’hérésie républicaine de placer sur un même piédestal la fonction sacrée de Chef de l’État et les dérives individuelles des membres de son clan.
Par ailleurs, si le Général Oligui Nguema a bénéficié de promotions légitimes, à l’instar de nombreux hauts fonctionnaires de l’administration, son rôle de militaire ne lui imposait pas de se substituer prématurément aux institutions civiles qui étaient investies du pouvoir de mettre un terme à l’imposture d’alors au sommet de l’État. C’était aux dépositaires civils du pouvoir qu’il incombait, en premier lieu, de mettre un terme au désordre systémique que l’opposition et la société civile dénonçaient depuis des années.
Si Monsieur Ali Bongo et son porte-parole de circonstance feignent aujourd’hui de croire que Sylvia Bongo et son fils n’ont causé aucun tort au Gabon, grand bien leur fasse. Mais la mémoire collective des Gabonais reste intacte : la majorité souveraine n’a rien oublié de cette époque sombre de confiscation du pouvoir.
Le 30 août 2023, le Président de la Transition et ses compagnons d’armes ont pris une responsabilité historique en mettant fin à cette mascarade au sommet de l’État.
Par la suite, la campagne patriotique menée lors du scrutin national d’avril 2025, suivant l’adoption par référendum de la nouvelle Constitution, a assis une légitimité républicaine indiscutable, loin des méthodes frauduleuses du régime d’Ali Bongo et de ses porte-paroles circonstanciels. Cette onction populaire est infiniment plus significative qu’un décret de nomination brandi avec nostalgie, car elle émane directement de la volonté du peuple gabonais. C’est là un couronnement démocratique que Monsieur Ali Bongo n’a jamais connu, ni en 2009, ni en 2016, et encore moins en 2023.
Pour le reste, il appartient à la Justice de faire son travail en toute indépendance.
Quant à ceux qui se font aujourd’hui les avocats de personnalités ayant tout reçu du Gabon sans jamais rien lui rendre en contrepartie, et qui crachent désormais sur la République depuis le confort de leurs « vraies nations », en déclarant ne plus vouloir remettre les pieds dans ce pays qu’ils prétendaient tant aimer, l’Histoire les jugera pour ce qu’ils sont. En tout cas, nous l’espérons. Fermement.
Etienne Francky Meba Ondo dit Meboon

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